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Résumé de l'histoire :
Jérémiah et Kurdy se sont égarés en plein désert, ils n'ont pratiquement plus d'eau. Dans les environs, un milicien prisonnier est traîné par ses ravisseurs. Il réussit à s'échapper et est secouru par Jérémiah, qui ressent un devoir humanitaire, alors que Kurdy semble attiré par l'appât du gain. Corey, le milicien, explique qu'avec ses collègues, ils ont été victimes de pillards, et qu'ils ne sont que deux à avoir survécu. Comme ils n'ont plus d'eau, Kurdy va en chercher chez les pillards, mais il est emprisonné. Corey assomme Jérémiah pour lui voler toutes ses affaires, sauf une couverture. Kurdy se retrouve enfermé avec Kenney, le second rescapé, celui-ci est torturé sous l'ordre de Sharita, la cheffe des pillards qui veut savoir où est l'argent qu'ils transportaient. Seul, Jérémiah trouve par hasard le fourgon blindé, et il comprend que, pour s'enrichir, Corey et Kenney, ont abattu leurs compagnons. Il est arrêté par une autre troupe de miliciens, qui le croient responsable du massacre. Kurdy, de son côté, arrive à se procurer une arme, et il s'évade avec Kenney. Les miliciens assiègent, et conquièrent la cité des pillards. Kurdy et Kenney partent à la recherche de l'argent, Corey les attend. Il tombe d'épuisement, et Kenney est abattu par les miliciens qui viennent juste d'arriver. Kurdy et Jérémiah, sont libres mais sans argent.
Analyse :
La candeur extrême de Jérémiah
Jérémiah vient juste d'être confronté à la vie désagréable que lui réserve le monde dans lequel il a tout fraîchement débarqué. Il s'aperçoit, non sans douleurs, du décalage important qu'il y a entre le monde que sa tante lui a décrit et la réalité dans laquelle il évolue maintenant. Jérémiah est vraiment désemparé.
Comme Jérémiah est déconcerté, il se rattache à Kurdy qui n'est pas un saint. Mais c'est la seule personne qui l'aide dans ce monde cruel. Kurdy reste malgré tout un personnage trouble, qui ne possède pas vraiment une bonne morale. Il entraîne Jérémiah dans un désert, ils se désorientent et, fatalement, se perdent. Kurdy bien que responsable relativise leur situation. Malhonnêtement, il n'hésite pas à se désaltérer avec le peu d'eau qu'il leur reste. C'est d'ailleurs sans mauvaise conscience que Kurdy finit égoïstement la gourde durant la nuit. Lorsque Jérémiah constate le méfait, il accuse immédiatement Corey. Kurdy écoute sans intervenir. Il se dévoue à aller chercher de l'eau dans le camp habité par les pillards. Après son départ, Corey, tente d'expliquer à Jérémiah qu'il se fait duper par Kurdy. Exaspéré, car Jérémiah refuse d'admettre que Kurdy est malhonnête, Corey n'hésite pas à simuler une douleur stomacale, afin de l'assommer. C'est sans remords qu'il détrousse Jérémiah, ne lui laissant qu'une vulgaire couverture.
Lorsque Jérémiah découvre les corps des miliciens, il comprend que Corey lui a menti. Il réalise que Corey et Kenny ont abattu leurs collègues afin de s'emparer de la fortune qu'ils convoyaient. Jérémiah se trompe en croyant que la milice n'est pas au courant de l'attaque de la diligence. Poussé par une envie de réparer le mal, Jérémiah s'obstine à rejoindre le poste de milice le plus proche. Il est heureux de rencontrer une troupe de miliciens et il se livre à eux, sans imaginer qu'il se jette dans une situation inextricable. Désemparé et bien qu'il ne comprenne pas, il se fait condamner au peloton d'exécution pour complicité dans l'attaque du fourgon. Heureusement, il arrive à prouver, in extremis, son innocence.
Le désert brûlant
« Du sable plein les dents » : Le titre nous décrit très bien le cadre dans lequel évolue l'histoire.
Hermann, par son dessin, nous représente un désert hostile, brûlant, déroutant et mortel. Ses dessins nous font ressentir une chaleur caniculaire et une sécheresse terrible. On a l'impression de respirer de la poussière en contemplant ces vues fantastiques.
Le désert est patient et implacable. Le combat entre lui et l'homme est par trop inégal. Malheureusement, c'est souvent le désert qui gagne.
Les pillards se servent de l'hostilité du désert afin de torturer lentement leurs prisonniers. L'eau, denrée rare, a bien plus de valeur que l'argent, car c'est elle qui permet toute vie.
Jérémiah, après s'être fait dépouiller, se perd dans les méandres du désert. Il n'y a pas de repère.[Visionner l'illustration].
Il est heureux lorsqu'il voit des empreintes fraîches dans le sable, mais il déchante rapidement lorsqu'il réalise que se sont ses propres empreintes. Il est perdu… Le désert, patient, gagne et Jérémiah s'écroule. Il a capitulé. Mais finalement, il est sauvé par un vautour trop impatient.
L'obstination et la fierté
Moralement, le commandant, est un milicien qui obéit et exécute aveuglément les ordres de ses supérieurs, sans essayer de les comprendre. C'est un personnage têtu, aimant la hiérarchie et obnubilé par son sens du devoir.
Il a un comportement égocentrique qui frise la démence. Il raconte froidement à Jérémiah, que son fils avait été kidnappé afin qu'il collabore à une affaire douteuse. Et c'est sans gène qu'il avoue avoir laissé son fils se faire exécuter, plutôt que de collaborer avec les malfrats. Le sens du devoir et de son grade a passé avant les supplications de sa femme. Mais à ses yeux, son fils est mort en héros.[Visionner l'illustration].
Sharita est la dirigeante du clan des manouches pillards, descendrait-elle de quelques hidalgos ? Elle commande avec une main de fer et rappelle l'importance de la fraternité entre les malfrats. C'est sans remord qu'elle ordonne que l'on fouette, Kenney, un des deux miliciens. Ils ont pris possessions d'un hameau construit près d'un puit d'eau. Ils font régner la terreur, lorsque le vent tourne et que les miliciens prennent le dessus, elle préfère se suicider, plutôt que de se rendre. Fiers et arrogants, ses hommes choisiront de se jeter à l'ennemi plutôt que de se rendre.
L'innocent du village
Il est simplet, et ne vit que pour son banjo, ne réalisant pas l'âpreté du monde dans lequel il survit. Il est triste et se fait maltraiter par Sourkha, un des gitans pillards.
A l'inverse des pillards, il est choqué par la scène de torture. On comprend qu'il voudrait ne pas être là.[Visionner l'illustration].
Son attitude dérange Sourkha, qui excédé, le jette dehors en l'humiliant. Irrité, Sourkha brise avec haine et violence le banjo. L'innocent est meurtri, car il vient de perdre le seul objet qui avait de la valeur à ses yeux. Kurdy, qui a vu la scène, réalise qu'il y a quelque chose à exploiter avec ce pauvre bougre. Il vient d'imaginer un moyen de s'évader de sa cellule. Il fait un marché avec lui, lui promettant de réparer le banjo, si, en contrepartie, celui-ci lui fournit une arme. Kurdy, bien qu'il soit un profiteur, apparaît comme le sauveur pour ce simplet. Enfin quelqu'un qui lui attache de l'attention. L'innocent tiendra sa promesse.
Lorsque Kurdy s'échappe, Sourkha le prend en joue. L'innocent l'étrangle, car il tient à Kurdy, c'est tout de même l'homme qui doit maintenant réparer son banjo. Alors que Sourkha meurt étranglé, l'innocent se fait abattre. Malgré tout, il s'est vengé.
Kurdy promet de venir sur la tombe de l'innocent afin de lui consacrer un dernier hommage. Naturellement, il l'oubliera et ne le fera jamais. Et puis, qu'est-ce que cela aurait changé… ?
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