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Résumé de l'histoire :
Seuls, dans un désert blanc, Jérémiah et Léna essayent péniblement d'atteindre une ville. Alors qu'ils se réchauffent, un homme peu vêtu, frigorifié, prend leur fusil et les menace avant de mourir de froid. Jérémiah et Léna repartent, malheureusement, ils s'égarent et arrivent dans un port désaffecté. Ils sont recueillis sur un bateau bloqué par la glace par une troupe de nains parias et un médecin. Alors que Jérémiah veut montrer au médecin le cadavre, Lena se promène sur le bateau et découvre, dans une cabine, une petite fille. Jérémiah et Léna sont invités à manger, mais au retour dans leur cabine, ils découvrent que leurs habits ont disparu. Ils comprennent qu'ils sont tombés dans un piège, les nains veulent les faire mourir de froid. Alors que Jérémiah démolit la cloison pour faire du feu, le médecin lui avoue qu'il est, lui aussi, un prisonnier. Il a pu survivre, car il était médecin. La fillette est l'enfant de l'homme mort de froid. Le cheval de Jérémiah et Léna est sur la berge, mais ceux-ci n'arrivent pas à quitter le bateau. Le docteur confie la petite à Léna et à Jérémiah, avant de se sacrifier pour abaisser la passerelle. Ils arrivent à s'enfuir.
Analyse :
La nature et le froid
La neige et le froid sont omniprésent. On voit le seul bateau resté intact, immobilisé par la glace dans un port désaffecté. Le froid semble ralentir toutes vies qui soit. On ressent un silence apaisant et calme mais paradoxalement oppressant. La neige recouvre les arbres, les plaines et aussi les routes. Jérémiah et Léna, sans chemins, et avec de fausses indications seront dirigés vers le bateau. Le froid endort. Léna, frigorifiée, ne parvient plus à lutter, elle s'endort vaincue… Le froid est aussi meurtrier. L'homme, peu vêtu, qui avance dans la souffrance et dans la neige, veut juste se réchauffer près du feu, mais la mort le gagne avant… Le froid est implacable. C'est à petit feu que Jérémiah et Léna sont lentement frigorifiés. Sans couvertures et avec le chauffage éteint, le jeu sera inégal et cruel…
Les marginaux et les rejetés
Le bateau semble être une arche de Noé, il accueille les déshérités, les marginaux et les parias que la société exclut. La société se croît trop parfaite et elle se qualifie de normale, elle rejette impunément toutes les personnes qui sont sur ses franges. Elle n'est pas conçue pour eux et c'est sans pitié qu'elle les écarte. Les exclus désirent rire et s'amuser. Ils sont vêtus de vêtements clownesques et on ressent une atmosphère de cirque. (L'univers dans lequel se passe l'histoire semble tout droit sorti d'un film de Fellini).
Une violence innocente
On peut qualifier ces marginaux d'affreux gosses dépourvus d'intelligence qui possèdent une cruauté et une méchanceté innocente.
Déjà entre eux, ils n'ont pas de barrière.[Visionner l'illustration].
Un nain heurté accidentellement par une des sienne, n'hésite pas un instant à la frapper violemment et à la jeter du bateau. Cette pauvre traverse la glace et coule. Les autres trouvent cette exécution amusante. Paradoxalement, ce geste violent semble incontrôlé et rempli de candeur. On jurerai qu'ils ne se rendent pas compte de la gravité de leurs gestes.
C'est par simple jeu qu'ils s'amusent à faire mourir les égarés. Ils assistent avec un plaisir cruel à la mort lente de leurs victimes. Tel des bourreaux, ils ne se gênent pas à aider le froid à gagner leurs victimes en leur enlevant toutes sources de chaleur.
On possède souvent une image idyllique de l'innocence des enfants. Mais en réalité le monde des enfants est le modèle réduit de celui des adultes avec les mêmes défauts mais sans le verni des conventions sociales. C'est pour cela que les enfants sont innocents, candides et naïfs, mais parfois aussi très cruels.
Le prisonnier et l'innocente
Bien que le médecin soit qualifié de maître, il n'est autre qu'une victime qui à pu survivre uniquement parce que les nains avaient besoin de ses services. C'est un prisonnier, et il doit assister sans broncher aux naufrageurs de l'hiver qui exécutent leurs proies. Il a honte de lui, car il devient complice des bourreaux. Excédé, il se serait sans doute révolté contre l'atrocité des nains s'il n'y avait pas eu l'arrivé de Winnie, cette jolie petite fille.[Visionner l'illustration].
Afin de réparer son ignominie, il se sacrifie afin de délivrer Winnie en la confiant à Jérémiah et Léna.
Winnie représente la vraie innocence naïve de l'enfance. D'ailleurs elle croit que ses parents sont partis en voyage, alors que les parias clownesques les ont tués.
Bien que ce soit un récit sans Kurdy, c'est un des plus aimé par le public. Hermann aime beaucoup les aventures en huis clos. Il trouve cet épisode très cristallin. Il aime ce monde fragile où la mort froide est continuellement présente.
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